Ce n’est qu’un premier tour

Voilà maintenant un peu plus de vingt-quatre heures que les résultats officiels du premier tour des élections législatives sont tombés. Me voilà donc de retour sur mon blog, après une campagne pour les élections législatives haute en couleurs, riche en émotions mais aussi dure à bien des égards. Pour mettre ses idées au clair, rien de mieux que d’écrire : voilà ce que je fais, pour remettre un peu d’ordre dans tout ça.

Un bon coup sur la tête

Inutile de mentir : dimanche soir, comme beaucoup de mes camarades (enfin, j’imagine), j’ai pris un bon coup sur la tête. Je n’irai pas jusqu’à parler de douche froide – je m’en expliquerai plus tard – mais le coup a été rude. J’étais à Hénin-Beaumont, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, et tous les résultats tombaient, les uns après les autres. Tout d’abord les résultats qui concernaient la campagne que nous avons mené sur cette circonscription : celle de Jean-Luc Mélenchon, qui malgré notre lutte acharnée n’a pas pu atteindre le second tour pour affronter le diable de confort fasciste qui verrouille tout le système électoral, j’ai nommé Mme Le Pen. Ce résultat a bien sûr été dur pour beaucoup d’entre nous, compte tenu du faible écart de voix entre le candidat arrivé en deuxième position, le maire de Carvin, M. Kemel.

Ce sont ensuite tous les autres résultats qui nous sont parvenus. Ceux de nos camarades du Parti de Gauche, comme Martine Billard, députée sortante et exemplaire à l’Assemblée, qui est arrivée en troisième position dans la 5e circonscription de Paris, derrière même Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires qui comparait la campagne de Nicolas Sarkozy à un rail de coke. Mais bien sur aussi les résultats de nos camarades communistes, qui nous ont fait l’effet d’un véritable coup de massue : en Seine-Saint-Denis, dans le Val de Marne, dans tous les bastions historiques de la ceinture rouge, des députés sortants communistes ont été dépassés par les candidats socialistes présentés contre eux, comme Jean-Pierre Brard, député du 93 qui s’était brillamment battu contre la réforme des retraites en 2010. Nous avons eu peur un instant en ce qui concernait notre camarade Marie-George Buffet, mais cette députée qui s’est battue pour les droits des femmes ou l’autonomie des jeunessera bien présente au second tour et, nous le pensons, à l’Assemblée Nationale après le 17 juin prochain. Bref, à la fin de la soirée, nous savions que nous avions perdu de nombreux-ses député-e-s, et beaucoup de voix par rapport aux élections présidentielles d’avril dernier.

Nous sommes toujours le recours à gauche

Mais, malgré tout cela, le score du Front de Gauche est une bonne nouvelle. Pourquoi donc ? C’est simple : par rapport au score obtenu par le Parti Communiste Français aux élections législatives de 2007, celui de dimanche est en progression de 61%. En 2007, les communistes atteignaient 4,29% des suffrages exprimés : aujourd’hui, le Front de Gauche obtient 6,94% des voix. C’est donc une nette progression qui confirme ce que nous pensions au soir du premier tour des élections présidentielles. Oui, une nouvelle force est née à gauche. Le Front de Gauche est la deuxième force politique de gauche dans ce pays, devant Europe-Écologie Les Verts qui pourtant se targuait de son accord avec le PS, stratégie que nombre de médiacrates ont pensé qu’elle nous aurait également convenu. Autonomes et conquérants, nous recueillons plus de voix que nombre de candidats écologistes qui avaient mis nombre de leurs convictions au placard pour pouvoir mener la course sous les couleurs du Parti Socialiste.

La carte des résultats le montre aussi : les quelques 1,7 millions de voix qui se sont portés sur les candidats du Front de Gauche au premier tour des élections législatives se répartissent sur l’ensemble du territoire. Le Front de Gauche n’est donc pas une force politique concentrée sur quelques bastions mais un recours à gauche dont les idées progressent dans toute la France. Nous avons vocation à être majoritaires un jour dans ce pays, à appliquer des solutions qui sortent le peuple de l’austérité ordinaire et de l’absence de pain quotidien. Même si, dans la majorité des circonscriptions, le score du Front de Gauche est en recul par rapport à celui de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, c’est dans tout le pays que nos idées sont entendues et partagées. Et cela tombe bien, les élections législatives sont une élection nationale.

L’aberration démocratique de la Ve République

… Enfin, une élection qui devrait être nationale. Car si, malgré la progression de 60% du score telle que je l’ai évoquée plus haut, nous perdons des députés, c’est en raison du mode de scrutin. Avec les 6,94% du Front de Gauche, si le scrutin avait été proportionnel comme nous le proposons depuis longtemps, les 1,7 millions d’électeurs qui ont voté pour nos candidats seraient représentés par 40 députés. 40 députés, alors que nous risquons de n’en avoir que dix ! C’est bien l’aberration démocratique de la Ve République dans toute sa splendeur qui se montre ici, la même que nous dénonçons lorsque nous proposons dans notre programme « L’humain d’abord » une VIe République plus démocratique. Parce que la démocratie a besoin de la diversité politique pour vivre, parce qu’elle ne peut se réaliser pleinement que lorsque le peuple est réellement représenté à l’Assemblée. Couplé à l’inversion du calendrier électoral adoptée en même temps que le principe du quinquennat et qui consiste à élire le Président avant les députés, ce mode de scrutin nous a donc été fortement défavorable. Avec comme seul slogan de campagne « Donnons une majorité au changement » (en fait, au Président), le Parti Socialiste fait enregistrer par ses électeurs l’élection de François Hollande, et rien de plus.

Le constat que nous faisons alors est simple : la France est en danger démocratique. Car dimanche, c’est un record d’abstention pour les élections législatives qui a été battu : 42,77% des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes. Ce taux extrêmement élevé caractérise bien la présidentialisation du régime, qui fait que les citoyens considèrent qu’une fois le Président élu, leurs députés élus ne seront que des godillots enfermés dans une chambre d’enregistrement – et, au vu du mandat de Nicolas Sarkozy, ils n’ont pas tort. Ce taux d’abstention lui-même nous a été fortement défavorable. Car ce sont les classes populaires qui s’abstiennent, et que le Front de Gauche avait réalisé aux élections présidentielles une forte percée dans les quartiers populaires. L’exemple des quartiers Nord de Marseille est sans appel : la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, dans laquelle Jean-Luc Mélenchon recueillait plus de 18% des suffrages, voit le score du Front de Gauche baisser à 11%, tandis que l’abstention atteint 47% des électeurs inscrits. Les classes populaires ne sont pas allées voter, c’est la démocratie qui en pâtit, ainsi que la gauche radicale que nous incarnons.

À propos du Pas-de-Calais

Après ce rapide tour d’horizon des résultats du Front de Gauche, je voudrais me pencher, l’espace de quelques lignes, sur ce qu’il s’est passé dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où Jean-Luc Mélenchon était candidat contre Marine Le Pen et le Parti Socialiste local, autrement appelé « Rose Mafia ». Au soir du premier tour, les commentaires politico-médiatiques se sont déchaînés : Mélenchon aurait été « battu sèchement » par Marine Le Pen, il aurait subi une « cuisante défaite », etc. En regardant les résultats d’un peu plus près, on se rend compte que Marine Le Pen mobilise peu ou prou le même nombre de voix qu’au premier tour de la présidentielle, alors que Mélenchon en gagne près de mille. Le candidat socialiste, lui, en perd près de 8 000. La force politique qui a le plus progressé en nombre de voix est donc encore une fois le Front de Gauche, qui montre que ses idées progressent. Mais, encore une fois, l’abstention a joué un mauvais tour, car le même nombre de voix accordées au Front National lui donnent un score de 43% contre 31% aux présidentielles. Alors que Jean-Luc Mélenchon progresse, lui, en termes de score, en passant de 15% à 21,5%. Que ce soit une défaite, certes. Mais il s’agit d’une lutte politique sur le long terme, pas d’une dispute entre collégiens : que les médias arrêtent donc de parler de « ridiculisation » ou d' »humiliation », ce sont des termes qui n’ont aucun sens en politique !

La cité minière de Libercourt

D’autant plus que les mêmes médias oublient complètement de mentionner, dans leurs articles illustrés de photos montrant la mine radieuse de Mme Le Pen, les méthodes employées pendant le Front National pendant cette campagne. Plus un mot sur les faux tracts montrant Mélenchon en Hitler, ou sur les tracts mensongers cherchant à accuser le Front de Gauche d' »immigrationnisme fou ». Si notre défaite relative se transforme en échec cuisant, la campagne de caniveau du Front National se transforme en victoire méritée, et ce sont les propos de Marine Le Pen accusant notre campagne d’être « bruyante et méprisante » qui sont relayés. Vendredi dernier, avec des camarades, j’ai fait dix heures de porte-à-porte dans la cité minière de Libercourt. Dans chaque maison, nous entendions que cela faisait vingt ans que la politique n’était pas venue frapper à leur porte, et l’accueil était des plus chaleureux. Mais bien sûr, aucun média n’ira relayer cette campagne-là. De même que les médias prétendent que le Front National se stabilise au niveau national tandis que le Front de Gauche « plonge », alors que le Front de Gauche perd 2 191 630 voix, et le Front National 2 894 763. C’est fou ce qu’ils peuvent inventer pour nous minorer.

Encore heureux pour nous, malgré tous les coups que nous avons essuyés, nous pensons que ce qui ne tue pas rend plus fort. La bataille politique que nous avons entamé n’en est qu’à ses débuts, et nous avons une réserve de courage assez importante pour lutter inlassablement le combat contre l’extrême-droite. Aujourd’hui, la phrase prononcée par Jean-Luc Mélenchon lors du rassemblement militant de fin de campagne samedi dernier trouve un écho particulier : « On ne mène pas un combat pour gagner, mais parce qu’il est juste de le mener ».

« La jeunesse emmerde le Front National « 

Le stand des jeunes du PG au meetind #jeudirouge du 19 avril

Hier au meeting Jeudi Rouge du parc des Expositions à Paris, une petite affiche suspendue au-dessus du stand des jeunes du Parti de Gauche a déclenché une avalanche de sourires et de poings levés. Nous y avions écrit, en lettres rouges et noires « La jeunesse emmerde le Front National ». La citation de la chanson « Porcherie » des Béruriers Noirs, que nous avions déjà scandé en choeur en 2002, doit être le mot d’ordre de la jeunesse ce dimanche, dans les urnes et place Stalingrad. Pourquoi ? Parce que nous refusons les affirmations des médiacrates bien-pensants qui, pour faire peur, publient à l’envi des sondages selon lesquels les jeunes voteraient majoritairement pour Le Pen. Le Monde a d’ailleurs du se coiffer d’un bonnet d’âneaprès avoir publié un sondage du CSA, qui faisait plus office d’intox que d’info.

Les jeunes ne votent pas Le Pen, ils s’abstiennent

C’est un classique des instituts de sondages et autres commentateurs politiques, qui inventent des chiffres et une opinion publique avant de leur faire dire ce qu’ils veulent. Souvenez-vous il y a deux mois, la grande mode des faiseurs d’opinion était de marteler à qui pouvait le lire ou l’entendre que les ouvriers votaient pour le parti d’extrême droite. Fidèle à l’antienne de la bonne société, « classe laborieuse, classe dangereuse », les commentaires se sont acharnés, pleins de mépris de classe, à l’encontre des ouvriers et des ouvrières dont on ne parle autrement jamais dans les médias. À l’appui de quelques chiffres considérés comme la vérité révélée, les voilà qui nous ont servi pendant plusieurs semaines du « Madame Le Pen séduit les ouvriers », du « Le Front National en tête chez les ouvriers », ou encore du « Les ouvriers votent majoritairement pour le parti d’extrême-droite », sous-entendant, au choix, soit que Marine Le Pen répondait aux angoisses de la classe ouvrière, soit que cette dernière était une classe obsédée par la viande hallal sans se préoccuper de l’insécurité sociale. Il nous a fallu une bonne campagne de désintoxication pour montrer tout ce que ces propos comportaient d’affabulations voire de mensonges éhontés. La classe ouvrière, se portant majoritairement vers le FN ? Faux ! Le premier comportement électoral des ouvriers, et ce depuis bien des scrutins, est l’abstention. Pour la simple et bonne raison que, hormis lorsqu’il s’agit de les présenter en temps d’élection comme partisans du fascisme, ils ne sont jamais représentés, ils sont invisibles, dans les médias comme dans les discours politiques. Or lorsqu’une partie de la société se sent exclue de tout ce qui donne représentation, ils ne participent plus aux élections car ils considèrent que cela ne les concerne pas.

TINA : There Is No Alternative ... ?     Il en va de même pour les jeunes. Et cette jeunesse, voilà que les sondeurs et les commentateurs nous la montrent comme attirée elle aussi en grande partie par le vote d’extrême-droite. Les articles se multiplient dans la presse, des reportages sur des jeunes qui dénoncent « l’avortement de confort » ou des analyses des derniers sondages qui concluent que Marine Le Pen serait en tête des intentions de vote chez les jeunes. C’est encore une fois la même absurdité que l’on nous sert ! Le premier comportement électoral des 18-25 ans, c’est encore une fois l’abstention. Et encore une fois parce que, à force de nous répéter le fameux « Il n’y a pas d’alternative » depuis notre plus tendre enfance, les dirigeants politiques ont fait comprendre à la jeunesse que la participation électorale ne servait pas à grand chose vu qu’un gouvernement était de toute façon pieds et poings liés à la volonté des banques, aux logiques de rigueur et d’austérité. Nous sommes nés au moment où le dogme néolibéral de Reagan et de Thatcher s’ancrait peu à peu dans la vie politique : pas étonnant que beaucoup d’entre nous pensent que la politique ne peut pas changer les choses si ce que répètent les dirigeants politiques, c’est justement qu’« il n’y a pas d’alternative », alors que le système s’effondre de toutes parts. Quitte à verser des larmes de crocodile sur l’abstention massive chez les jeunes, arguant de leur bonne foi et de leur inquiétude quant à la situation de la jeunesse.

Une génération sacrifiée et révoltée

Car ce n’est pas un hasard si l’on parle souvent de génération sacrifiée : aujourd’hui, pour la première fois, les jeunes peuvent s’attendre à vivre moins bien que leurs parents. On peut donner plusieurs noms à cette génération, qui montrent tous la réalité de la jeunesse d’aujourd’hui. La génération précaire, tout d’abord, car c’est celle qui subit de plein fouet le chômage et la multiplication de contrats précaires qui interdisent une projection dans l’avenir, le bien le plus précieux de la jeunesse car c’est elle qui le construit. La génération Tanguy aussi : alors qu’en 1975 seuls 35% des jeunes vivaient encore chez leurs parents, ils sont aujourd’hui 65%, et le chiffre monte à 81% lorsqu’il s’agit des non-diplômés. La génération à poil, celle dont un quart ont déjà renoncé à des soins de santé pour des raisons financières, et dont 13% ne sont pas couverts par une mutuelle. Bref, une génération exploitée, qui voit la précarité s’immiscer dans tous les recoins de la vie, poussant le bouchon toujours un peu plus loin. Donc oui, de quoi s’inquiéter sur la situation de la jeunesse. De quoi se révolter, se mobiliser.

Manifestation contre le CPE, printemps 2006

Détruisons alors ici une première fausse idée : les jeunes ne sont pas démobilisés, ils ne se désintéressent pas de la politique dans son sens premier, à savoir la vie de la cité, et donc la vie des citoyens et des citoyennes. La preuve en est que la jeunesse est à l’avant-garde de tous les mouvements sociaux. Que toutes les explosions de colère des dix dernières années, qu’elles prennent la forme de grèves étudiantes et de manifestations de rue ou de voitures qui brûlent dans les banlieues où le sentiment d’abandon prend le pas sur le reste, sont toutes du fait de la jeunesse et ont toutes été soit à l’initiative des jeunes comme le CPE, soit pérennisées par l’entrée dans la lutte des jeunes, comme le mouvement des retraites de l’automne 2010. Et c’est logique, si la politique ne semble plus pouvoir apporter de solution autre que « Profite et tais-toi » pour ceux qui sont bien nés ou « Il va falloir serrer la ceinture » pour ceux qui n’ont pas eu la même chance. C’est logique de l’ouvrir quand même, et d’essayer de se faire entendre. C’est logique de se battre pour ce pour quoi on peut se battre : le droit à une éducation de qualité pendant le mouvement contre la réforme LRU d’« autonomie » des universités, le droit à l’emploi comme tout le monde et pas à des ersatz de contrats de travail pendant le CPE, le droit à se projeter dans un avenir où il ne s’agit pas de trimer jusqu’à 67 ans.

Construire une France de l’avenir

La jeune génération française n’est pas repliée sur elle-même et attachée à des valeurs réactionnaires et à un ordre social établi. La jeune génération défend le droit à l’avortement, elle refuse le rétablissement de la peine de mort. C’est une

génération plurielle, diverse, métissée, elle a été élevée au milieu de tous, elle forge la France de la diversité. À l’école, nous avons grandi en nous mélangeant, et nous en avons été grandis. Comment le programme réactionnaire du Front National pourrait faire figure de sauveur, alors qu’il incarne tout ce que la jeunesse rejette ? Surtout quand ce même programme ne répond en rien à la précarité qui frappe la jeunesse. Pas d’augmentation des salaires, une hausse des cotisations y compris chez les plus pauvres, une réduction drastique des dépenses publiques qui ne mène à rien si ce n’est à une destruction dans le chaos des services public… y compris l’école, que Mme Le Pen veut renvoyer vers le privé avec son fameux « chèque éducation ».

Sur les plages du Prado à Marseille, 14 avril. Photo de Stéphane Burlot

Encore une fois, le but du Front de Gauche est de convaincre cette population qui ne croit plus à grand chose. Les abstentionnistes font partie de notre famille politique, ce peuple oppressé qui ne parvient qu’avec peine à sortir la tête de l’eau. Nous sommes le cri du peuple, des ouvriers et aussi, bien entendu, des jeunes. Nous pouvons faire de cette élection une insurrection civique, en construisant l’avenir, en construisant laFrance de demain. Comment pouvons-nous le faire sans ceux qui doivent la construire, les jeunes d’aujourd’hui ? La France de demain n’est pas la France de la haine, du racisme, du repli identitaire et d’autres sornettes qui mettent un poignard dans le cœur républicain de notre patrie. La France de demain est ouverte, elle est belle et rebelle, comme la jeunesse. Et elle crie bien fort, contre ceux qui veulent la repeindre en jeunesse fascisante, en jeunesse de la peur et de l’exclusion : « La jeunesse emmerde le Front National » !